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Les onctions d’huiles

onction

Introduction

  

Qu’est-ce l’onction d’huile ? Pourquoi ces onctions ? De quelle huile se sert on ?   Toutes les onctions d’huile ont elles même effet, même valeur ? Qui peut faire ses onctions ? Et en quelles circonstances ? Autant de questions auxquelles il n’est pas si aisé de répondre à moins d’en avoir étudié le sujet. 

Généralement nous nous posons cette question au moment du baptême ou de la confirmation de nos enfants, mais l’explication en reste assez superficielle, on parle de l’onction des rois lors de leur couronnement ou encore des sportifs qui se couvraient d’huile dans les combats afin que leurs adversaires n’aient pas de prise sur eux … Etc.… Il peut nous arriver aussi de voir cette onction d’huile dans le sacrement des malades et parfois même lors de prières de guérison …. Et sans bien savoir exactement le sens profond de ces gestes et leur efficacité réelle, nous sommes comme attirés vers eux et nous pouvons alors avoir la tentation de leur donner plus de pouvoir qu’ils n’en ont, en faire un rite magique en quelque sorte. Ce qu’il nous faut éviter à tout prix, car le rite quel qu’il soit ne remplacera jamais Dieu et la puissance de son amour. 

Nous allons donc prendre le temps ici de voir l’origine biblique de l’onction d’huile, puis nous regarderons son application dans l’Eglise notamment au travers des sacrements, et ensuite nous en verrons l’application particulière dans la prière de guérison. 

L’onction d’huile dans la bible  Ancien testament 

Tout d’abord il est bon de noter que pour le peuple hébreu, l’huile fait partie des aliments essentiels, et est considérée comme une bénédiction de Dieu, ainsi que nous pouvons le lire en Deutéronome 11/14  Je donnerai à votre pays la pluie en son temps, pluie d’automne et pluie de printemps, et tu pourras récolter ton froment, ton vin nouveau et ton huile

Et son absence marquait aussi une privation divine due à l’infidélité  3- » Mon peuple, que t’ai-je fait ? en quoi t’ai-je fatigué ? Réponds-moi.(…) 15-Tu sèmeras, mais tu ne pourras faire la moisson; tu presseras l’olive, mais tu ne pourras t’oindre d’huile, le moût, mais tu ne pourras boire de vin.   (Michée 6/3 et15) 

L’huile est d’autant plus essentielle qu’elle sert aussi à parfumer le corps, à soigner les plaies :  Chaque jeune fille devait se présenter à son tour au roi Assuérus au terme du délai fixé par le statut des femmes, soit douze mois. L’emploi de ce temps de préparation était tel pendant six mois les jeunes filles usaient de l’huile de myrrhe, et pendant six autres mois du baume et des onguents employés pour les soins de beauté féminine (Esther 2/12)  

Toute la tête est mal-en-point, tout le cœur est malade, 6 – de la plante des pieds à la tête, il ne reste rien de sain. Ce n’est que blessures, contusions, plaies ouvertes, qui ne sont pas pansées ni bandées, ni soignées avec de l’huile. (Isaïe 1/6)  Sans oublier que l’huile est aussi utilisée pour les lampes et est donc source de lumière.  

 » Quant à toi, tu ordonneras aux Israélites de te procurer de l’huile d’olives broyées pour le luminaire, afin qu’une lampe brûle en permanence.  (Exode 27/20)  Les Hébreux avaient donc un grand respect pour cette huile, qu’ils ne devaient pas utilisée pour rendre un culte aux idoles, ni pour s’attirer les faveurs des gouvernants païens. L’huile étant don de Dieu c’est de Dieu que le peuple dépendait, et donc l’huile Lui était « réservée ».  

Ainsi dans Osée, nous voyons Dieu reprocher à son peuple de ne pas reconnaître que c’est de Lui que vient tout bien …  Oui, leur mère s’est prostituée, celle qui les conçut s’est déshonorée; car elle a dit : Je veux courir après mes amants, qui me donnent mon pain et mon eau, ma laine et mon lin, mon huile et ma boisson.   (…)Elle n’a pas reconnu que c’est moi qui lui donnais le froment, le vin nouveau et l’huile fraîche, qui lui prodiguais cet argent et cet or qu’ils ont employés pour Baal !   Osée 2/7 et 10  

Et puisque l’huile est reçue de Dieu comme un signe de bénédiction, le peuple hébreux va s’en servir pour l’offrir aussi à Dieu au travers des différents rites de prière : Nous pouvons lire en Genèse 28/12.18  

Jacob eut un songe : Voilà qu’une échelle était dressée sur la terre et que son sommet atteignait le ciel, et des anges de Dieu y montaient et descendaient ! 13 – Voilà que Yahvé se tenait devant lui et dit : Je suis Yahvé, le Dieu d’Abraham ton ancêtre et le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donne à toi et à ta descendance. 14 – Ta descendance deviendra nombreuse comme la poussière du sol, tu déborderas à l’occident et à l’orient, au septentrion et au midi, et tous les clans de la terre se béniront par toi et par ta descendance. 15 – Je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras et te ramènerai en ce pays, car je ne t’abandonnerai pas que je n’aie accompli ce que je t’ai promis. 16 – Jacob s’éveilla de son sommeil et dit : En vérité, Yahvé est en ce lieu et je ne le savais pas ! 17 – Il eut peur et dit : Que ce lieu est redoutable ! Ce n’est rien de moins qu’une maison de Dieu et la porte du ciel ! 18 – Levé de bon matin, il prit la pierre qui lui avait servi de chevet, il la dressa comme une stèle et répandit de l’huile sur son sommet.   Jacob consacre ainsi ce lieu qui est marqué pour lui de la présence de Dieu. 

Nous en avons un autre exemple en lévitique 2/1 Si quelqu’un offre à Yahvé une oblation, son offrande consistera en fleur de farine sur laquelle il versera de l’huile et déposera de l’encens.   

Dieu lui-même ratifie cette offrande en la recevant et la retournant aux lévites c’est-à-dire aux prêtres chargés du culte et des sacrifices. Yahvé dit à Aaron :  » Moi,  je t’ai donné la charge de ce qu’on prélève pour moi.  Tout ce que consacrent les Israélites, je te le donne comme la part qui t’est assignée,  ainsi qu’à tes fils,  en vertu d’un décret perpétuel. 9 – Voici ce qui te reviendra sur les choses très saintes,  sur les mets offerts : toutes les offrandes que me restituent les Israélites, à titre d’oblation, de sacrifice pour le péché, de sacrifice de réparation ; c’est chose très sainte,  qui te reviendra ainsi qu’à tes fils. 10 – Vous vous nourrirez des choses très saintes. Tout mâle en pourra manger. Tu les tiendras pour sacrées. 11 – Ceci encore te reviendra : ce qui est prélevé sur les offrandes des Israélites, sur tout ce qui est tendu en geste de présentation, je te le donne, ainsi qu’à tes fils et à tes filles, en vertu d’un décret perpétuel. Quiconque est pur dans ta maison en pourra manger. 12 – Tout le meilleur de l’huile, tout le meilleur du vin nouveau et du blé, ces prémices qu’ils offrent à Yahvé, je te les donne.    

Ce geste de l’onction avec de l’huile est donc un geste très ancien et il ne concernait pas que l’onction de bien matériel mais aussi de personnes qui dès lors se trouvaient consacrées à Dieu et par Dieu au sein même de leur fonction.  C’est ce que nous pouvons lire en exode, au chapitre 29 versets 1 à 7  » Voici ce que tu leur feras pour les consacrer à mon sacerdoce. Prends un jeune taureau et deux béliers sans défaut, 2 – puis des pains sans levain, des gâteaux sans levain pétris à l’huile, des galettes sans levain frottées d’huile que tu auras faites de fleur de farine de froment. 3 – Tu les mettras dans une même corbeille et tu les offriras, dans la corbeille, en même temps que le taureau et les deux béliers. 4 –  » Tu feras approcher Aaron et ses fils de l’entrée de la Tente du Rendez-vous, et tu les laveras avec de l’eau. 5 – Tu prendras les vêtements et tu revêtiras Aaron de la tunique, du manteau de l’éphod, de l’éphod, du pectoral, et tu lui fixeras l’écharpe de l’éphod. 6 – Tu placeras le turban sur sa tête, et tu y mettras le signe de la sainte consécration. 7 – Tu prendras l’huile d’onction, tu en répandras sur sa tête et tu l’oindras.    

Les rois aussi furent consacrés par l’onction d’huile, nous en avons un exemple avec Samuel qui consacre David, selon la parole de Dieu : Samuel demanda à Jessé :  » En est-ce fini avec tes garçons ? « , et celui-ci répondit :  » Il reste encore le plus jeune, il est à garder le troupeau.  » Alors Samuel dit à Jessé :  » Envoie-le chercher, car nous ne nous mettrons pas à table avant qu’il ne soit venu ici.  » 12 – Jessé l’envoya chercher : il était roux, avec un beau regard et une belle tournure. Et Yahvé dit :  » Va, donne-lui l’onction : c’est lui!  » 13 – Samuel prit la corne d’huile et l’oignit au milieu de ses frères. L’esprit de Yahvé fondit sur David à partir de ce jour-là et dans la suite. 1 Samuel 16/11.13  

L’onction d’huile n’était pas qu’un simple geste, car si elle était, signe extérieur incontestable aux yeux des hommes d’une élection, d’une consécration sur laquelle il n’y avait pas à revenir, elle était aussi le signe d’une alliance toute particulière entre Dieu et la personne ointe, ainsi que nous l’avons lu ci-dessus: « L’esprit de Yahvé fondit sur David à partir de ce jour-là et dans la suite »   Il est à noter aussi, qu’en dehors du rite religieux à proprement parler, les juifs marquaient leur respect pour une personne en leur versant de l’huile parfumée sur la tête. Nous retrouverons d’ailleurs cela dans l’évangile. 

Nouveau testament 

En effet en Luc 7/36.46 nous pouvons lire Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table. 37 – Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse.  Ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum. 38 – Et se plaçant par derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum. 39 – A cette vue, le Pharisien qui l’avait convié se dit en lui-même :  » Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse !  » 40 – Mais, prenant la parole, Jésus lui dit :  » Simon, j’ai quelque chose à te dire.  » –  » Parle, maître « , répond-il. – 41 –  » Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante. 42 – Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux.  Lequel des deux l’en aimera le plus ?  » 43 – Simon répondit :  » Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus.   » Il lui dit :  » Tu as bien jugé.  » 44 – Et, se tournant vers la femme :  » Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. 45 – Tu ne m’as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers. 46 – Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds. 47 – À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour.  Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour.  

La démarche de cette femme loin, d’être extravagante, était pleine de respect, d’un tel respect même que cela pouvait se passer de mots ! Jésus lui-même nous raconte la parabole du bon Samaritain : 

…Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié.  34 – Il s’approcha, banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le mena à l’hôtellerie et prit soin de lui. 35 – Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l’hôtelier, en disant : « Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour. «   Luc 10/33.35  On y voit que l’huile est utilisée ici pour soigner un blessé. Et si on y fait attention, si on essaie de voir au cœur de ce samaritain, on peut y découvrir dans sa manière d’être non seulement la compassion en face d’un blessé mais le respect qu’il avait de cet autre être humain, il ne se contente pas en effet de le ramasser et de le déposer à l’auberge, mais il va vraiment le prendre en charge, jusqu’au bout de sa guérison …. 

Ensuite, nous voyons les disciples de Jésus faire des onctions d’huile, non pas pour consacrer des rois ou des prêtres mais pour guérir les malades Étant partis, ils prêchèrent qu’on se repentît ; 13 – et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d’huile à de nombreux infirmes et les guérissaient.    (Marc 6/12.13)  

Notons que ce n’est pas là un acte magique, que les apôtres feraient de leur propre chef, non ! C’est un acte de charité, et aussi de foi car ce qu’ils font là, ils le font, parce qu’ils en ont reçu le pouvoir, de par l’envoi même de Jésus Il appelle à lui les Douze et il se mit à les envoyer en mission deux à deux, en leur donnant pouvoir sur les esprits impurs.   Marc 6/7  

Ce pouvoir sur les esprits impurs concerne autant la guérison des corps que celle des cœurs. Les apôtres n’ont fait qu’obéir à la mission que Jésus leur a confiée. Et plus tard, bien après la mort et la résurrection de Jésus, l’apôtre Jacques invitera les croyants à faire des onctions d’huile aux malades : 

Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les presbytres de l’Église et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. 15 – La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera.  S’il a commis des péchés, ils lui seront remis.   (Jacques 5, 14-15)   Il est à noter que ce texte de St Jacques qui parle des onctions sur les malades est à l’origine de notre sacrement des malades, dont nous reparlerons tout à l’heure 

L’onction d’huile dans l’église  Le sens de l’huile 

Nous l’avons vu plus haut, par l’onction d’huile, vécue dans la prière, la personne qui la reçoit est envahie par la présence de l’Esprit de Dieu. C’est ce sens qui est l’origine fondamentale de la puissance des sacrements chrétiens. L’onction d’huile marque réellement une alliance entre la personne et Dieu d’une part et entre Dieu et la personne d’autre part. C’est donc loin d’être anodin, et nous ne devons jamais l’oublier ou l’occulter lorsque nous recevons un sacrement. 

Les différentes huiles 

Déjà dans l’Ancien Testament on ne prenait pas n’importe quelle huile pour les onctions, en fait chaque huile avait sa fonction propre, ainsi pour les lampes  c’était de l’huile d’olives broyées - « Quant à toi, tu ordonneras aux Israélites de te procurer de l’huile d’olives broyées pour le luminaire, afin qu’une lampe brûle en permanence.  (Exode 27/20)  

 L’huile d’onction elle, était aromatisée, selon ce que l’on peut lire en Exode 25/2.6 - Yahvé parla à Moïse et lui dit : 2 –  » Dis aux Israélites de prélever pour moi une contribution. Vous prendrez la contribution de tous ceux que leur cœur incite. 3 – Et voici la contribution que vous accepterez d’eux : (…) 6 – de l’huile pour le luminaire, des aromates pour l’huile d’onction et l’encens aromatique ;   

Il en est de même aujourd’hui dans l’Eglise, où il existe trois huiles sacramentelles 

 L’huile du baptême : le Saint Chrême (SC) 

Il est composé d’huile d’olives mêlée d’un parfum. Ses composants sont hautement symboliques : l’huile rappelle la paix (cf. le rameau d’olivier au temps de Noé) et la lumière (cf. les lampes de la parabole des 10 vierges), fruits de l’Esprit (cf. galates 5/22). Le parfum rappelle que « pour Dieu nous sommes la bonne odeur du Christ » (cf. 2 Corinthiens 2/15) 1  Seul l’évêque le consacre solennellement.  Il signifie le don de l’Esprit au nouveau baptisé celui-ci étant devenu « chrétien, c’est-à-dire «  oint  » de l’Esprit Saint, incorporé au Christ, qui est oint prêtre, prophète et roi » (Catéchisme catholique N°1241). 

L’huile des catéchumènes  (OS) 2 

Elle est essentiellement composées d’huile végétale et est consacrée par l’évêque lors de la messe chrismale ; cependant elle peut être bénie aussi en cas de nécessité, au moment de son usage par le prêtre qui va en faire l’onction. Elle est aussi appelée « huile d’exorcisme » car son rôle est d’aider le catéchumène à lutter contre les forces du mal. 

Et l’huile des malades  (OI). 3 

Elle a les mêmes caractéristiques que l’huile des catéchumènes mais est la première consacrée. La prière de bénédiction demande à « Dieu de qui vient tout réconfort et qui par son Fils, a voulu guérir toutes nos faiblesses et nos maladies, que cette huile soulage le corps , l’âme et l’esprit des malades, qu’elle chasse toute douleur, souffrance physique et morale. »  Le but de cette huile est de communiquer la force pour lutter contre le mal et les tentations selon la lettre de Saint Jacques : Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les presbytres de l’Église et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. 15 – La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis.   (Jacques 5, 14-15)  

Nous voyons que ces huiles ne sont guère différentes de par leur composition. On peut se demander alors ce qui les rend spéciales l’une par rapport à l’autre. Simplement la prière de bénédiction faite sur chacune d’elle et qui leur donne une utilité bien définie. Chacune de ses huiles devra donc être utilisée très spécifiquement et en aucun cas elles ne peuvent être utilisées en dehors des sacrements, de la même façon qu’elles ne peuvent pas être remplacées par une huile quelconque dans les sacrements. 

Dans les sacrements 

Nous n’allons pas voir ici le détail de tous les sacrements, un autre dossier est prévu à cet effet.  Simplement voyons y  la place de l’onction Baptême 

Dans le baptême nous avons deux onctions d’huile : l’huile des catéchumènes et le Saint Chrême Reprenant l’évangile de Marc 6/13 

Étant partis, ils prêchèrent qu’on se repentît ; 13 – et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d’huile à de nombreux infirmes et les guérissaient.    (Marc 6/12.13)  Nous voyons que les apôtres utilisaient l’onction d’huile pour chasser les démons. Cette pratique est reprise par le rite de l’onction d’huile des catéchumènes c’est donc un rituel d’exorcisme avant le baptême en lui-même 

Le rôle du Saint Chrême qui nous rappelle l’onction des prêtres et des rois de l’Ancien Testament, est directement lié à l’onction par l’Esprit Saint. Par son onction, nous sommes véritablement appelés, consacrés, pour participer à l’action même du Christ, nous faisons partie du Corps du Christ. Confirmation 

Le Saint Chrême, ici, remplit la même fonction que lors du baptême  … le sacrement de confirmation étant justement la confirmation consciente et volontaire de notre baptême.    Ordre 

 L’onction du Saint Chrême est là aussi signe de l’onction spéciale du Saint Esprit qui rend fécond le ministère du prêtre. « La grâce du Saint Esprit, propre à ce sacrement, est celle d’une configuration au Christ Prêtre, Maître et Pasteur dont l’ordonné est constitué le ministre. »4 

Sacrements des malades Dans le catéchisme catholique nous pouvons lire : 

« L’Église apostolique connaît cependant un rite propre en faveur des malades, attesté par S. Jacques : «  Quelqu’un parmi vous est malade ? Qu’il appelle les presbytres de l’Église et qu’ils prient sur lui, après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient, et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis  » (Jacques 5/14-15). La Tradition a reconnu dans ce rite un des sept sacrements de l’Église. (Catéchisme catholique N°1510) »  Le sacrement des malade est une onction de guérison, il ne peut selon le droit canon ( N° 1003) être administré validement que par un prêtre. L’onction se fera sur les différentes partie du corps du malade : les front, les yeux, les mains, les oreilles : elle signifie ainsi que la force du Christ ressuscité soulage et console. 

La grâce de ce sacrement est un don particulier de l’Esprit Saint qui réconforte et apporte paix et courage pour vaincre les difficultés propres à la maladie… C’est aussi une grâce d’union à la Passion du Christ, la souffrance devient alors participation à l’œuvre salvifique du Christ ; c’est également une grâce d’union à l’Eglise car s’unissant à la Passion du Christ, les malades apportent leur part au bien du peuple de Dieu ; enfin c’est une grâce de préparation au dernier passage (extrême onction).

Qui peut pratiquer les onctions d’huile   Un peu d’histoire 

 Au 5em siècle, non seulement les évêques et les prêtres pouvaient pratiquer les onctions d’huiles mais les laïcs le pouvaient aussi.  C’est du moins ce qu’écrivait en son temps le pape Innocent 1er : « Il n’est pas douteux que le texte de Saint Jacques doive s’entendre et se comprendre des fidèles malades qui peuvent être oints de l’huile sainte du chrême, et de cette huile, confectionnée par l’évêque, il est permis, non seulement aux prêtres, mais à tous les chrétiens, d’user dans leur nécessite, ou celle des leurs, en vue d’une onction. »  

Au fil des siècles, en occident, le rituel s’est compliqué, on y a rajouté, l’eau bénite, la confession, les cendres, la prière des psaumes, la communion pour en arriver souvent à l’office des mourants, ce qui a eu pour conséquence d’en faire un rite préparant à la mort alors qu’il était là pour libérer et guérir les malades. Aujourd’hui encore quand on parle de sacrement des malades les gens pensent extrême onction, sacrement des mourants … et cette confusion ou cette ignorance est vraiment triste , car les gens se privent ainsi de grâces divines sur le chemin de leur vie .  Et aujourd’hui ? 

Deux choses se dégagent ; la première est l’onction à travers un sacrement et la seconde est l’onction d’huile au sein d’une prière de guérison. Il faut bien discerner ces deux niveaux.  Nous l’avons vu en ce qui concerne le sacrement des malades seul le prêtre est habilité à le donner et dans des conditions bien particulières, puisque la maladie doit être relativement grave. 

Dans les prières de guérisons 

Mais il existe, dans l’Eglise la possibilité pour tous ceux qui souffrent de corps, de cœur, ou d’esprit de demander la prière des frères ; qui est prière de compassion, et de guérison. Cette prière n’exige absolument pas qu’il y ait une onction d’huile, car elle est en elle-même, soutien et communion fraternelle. Tout au long de l’évangile, nous voyons Jésus ému de compassion pour tous ceux qui souffrent, lui-même dira : 

Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs (Mt 2,17).  Et on voit qu’Il associe d’emblée les apôtres à sa mission, 

Ayant appelé ses douze disciples, il leur donna pouvoir sur les esprits impurs, afin de les chasser et de guérir toute maladie et toute infirmité… II les envoya après leur avoir donné ces instructions : … « Sur votre chemin annoncez ceci : Le royaume des cieux est proche ». Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons (Mt 10,1-8).  Aujourd’hui les chrétiens peuvent vivre cette même mission de prière auprès des malades et de toutes personnes souffrantes, notamment au sein des groupes de prière charismatiques. Cependant on ne peut faire tout et n’importe quoi de son propre chef en suivant ses seules bonnes intentions.  De même que le Christ a envoyé les apôtres il nous faut nous aussi « être envoyés » pour cela par l’autorité religieuse qui est au-dessus de nous. 

Et nous en arrivons là, à la question de l’envoi et de l’obéissance. 

L’obéissance au niveau de la prière de guérison. 

De même donc, que les apôtres ne sont pas allés d’eux même prier sur les gens et les guérir, mais qu’ils ont attendu d’y être envoyés par le Christ, de même aujourd’hui toute prière doit se vivre dans l’obéissance à un envoi de l’autorité de locale de l’Eglise, c’est-à-dire l’évêque du lieu ou le prêtre de la paroisse. Cela implique donc que les « envoyés » tiennent compte de directives et consignes précises concernant ces prières de guérison. Cela peut nous paraître contraignant, limitatif, mais en fait, c’est plutôt une conduite de sagesse, et d’unité dans le Corps du Christ qui est l’Eglise. 

L’obéissance au niveau des onctions d’huile. 

La question des onctions d’huile dans les prières de guérison est de deux niveaux 1/ l’origine et sa reconnaissance 2/ l’autorisation de l’autorité ecclésiale de l’utiliser.  Les huiles sacramentelles nous l’avons vu ne peuvent être utilisées en dehors des sacrements, or une prière de guérison n’est pas un sacrement, l’huile que l’on pourrait utiliser doit donc avoir une autre source. Il ne s’agit pas d’aller chercher de l’huile dans son placard pour s’en servir. Les huiles généralement utilisées sont dites « miraculeuses » « extraordinaires »  au sens où elles proviennent par exemple d’icônes qui suintent … A l’heure actuelle il semble y en avoir beaucoup ! Et là, l’Eglise nous appelle à la prudence, à l’obéissance car c’est à elle qu’il appartient de reconnaître ou non si ces huiles sont vraiment d’origine miraculeuse ou pas, et d’en autoriser l’utilisation ou pas. 

Ainsi une huile provenant d’une icône, d’un lieu d’apparition mariale, ou autre, est reconnue comme « miraculeuse » par l’évêque du lieu d’origine  elle peut être considérée comme utilisable (Cette reconnaissance doit absolument être officielle) . Mais, elle ne le sera pleinement que si l’évêque du lieu d’application en autorise son utilisation, Dans le cas contraire, elle ne peut être utilisée, au nom même de l’obéissance sans laquelle il ne peut y avoir d’unité à l’Église donc d’union à Dieu … 

Il appartient donc à tous les responsables, qui vivent ces prières de guérisons d’être attentifs à tout cela et de se soumettre à l’obéissance de l’Église. Et il appartient aussi à tous ceux qui désirent tant que l’on prie sur eux, d’avoir cette même attention et de ne pas courir après quelque chose de magique. Il ne faut jamais perdre de vue, que c’est le Seigneur qui guérit, le plus important en effet n’est pas que l’on utilise de l’huile, mais que l’on croit vraiment en la puissance d’amour de guérison  du Seigneur , pour chacun de nous .  

   

Publié dans:Les onctions d’huiles |on 7 avril, 2008 |Pas de commentaires »

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